Dans l’enfer des mines de Potosi

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Nous partons de Tupiza pour rejoindre Potosi. C’est la ville qui se veut être la plus haute du monde (4100m). Elle a connu une croissance florissante depuis le XVIe siècle et a fait la richesse de l’empire espagnol grâce à ses mines d’argent. La légende raconte que des filons de plus de 2 mètres d’épaisseur d’argent pur y aurait été trouvés.
Aujourd’hui, abandonnées des multinationales et de l’état, quelques coopératives de mineurs continuent de chercher les précieux minerais (argent, zinc, étain…).

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En arrivant en ville, on remarque instantanément deux mondes qui se touchent. La banlieue qui ressemble à une énorme favéla et le cœur historique qui a su conserver son charme colonial. On ressent l’altitude pour de bon, quelques pas suffisent à nous essouffler. La poussière ambiante de la mine toute proche n’arrange pas les choses. On cherche désespérément une chambre chauffée à un budget raisonnable mais il semble que ce ne soit pas monnaie courante ici… On finit par prendre une petite chambre donnant sur un patio coupé de l’extérieur. Il s’avéra que ce fut un bon choix !

Le lendemain, nous décidons de visiter un peu mieux la ville. Direction le marché central où nous découvrons des étals surprenants. Toutes sortes d’aliments inconnus côtoient les énormes sacs de feuilles de coca à l’odeur si particulière. Moyennant une modique somme, nous repartons avec un sac plastique plein à craquer. À toutes fins utiles, (parents, amis, collègues…) la possession et la consommation de coca est légale en Bolivie 😉 Elle est même encouragée à cette altitude. Ça a l’air de faire partir ce mal de crâne lancinant que nous traînons depuis la veille.

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Après cette expérimentation, nous nous dirigeons vers le musée de la monnaie installé dans les anciennes fabriques de pièces espagnoles puis boliviennes. La visite est très intéressantes et nous apprenons beaucoup sur l’histoire de la ville.

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Le soir, premières emplettes en Alpaga. Emilie se voit revêtue d’un superbe pull et de guêtres. Ça tient très chaud, par contre niveau look… C’est une mode qui n’existe pas encore !

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Le jour suivant, nous partons à la visite des mines avec Julio et Cristian, deux anciens mineurs et membres actifs d’une coopérative. Première étape, visite et achat de cadeaux au marché de la mine. Il est d’usage d’offrir aux mineurs quelques bouteilles de jus ou d’alcool, de la coca et des bâtons de dynamite…

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Après cela, c’est l’heure de s’équiper. Je vous laisse le soin de contempler la tenue. A ce moment là, on fait encore les malins…

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Mais arrivés devant l’entrée, on comprend que ça ne sera pas de tout repos. Marcher courbés à toute vitesse pour éviter les mineurs avec leurs chariots et haleter dans l’atmosphère suffocante et poussiéreuse est vraiment difficile. Au bout de 200 mètres à peine, on comprend le courage des mineurs. Eux le font par choix, certains par nécessité, ce n’est malheureusement pas le cas des millions d’esclaves qui y ont laissé leur peau ces derniers siècles…

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On arrive à un petit autel, l’antre du Tio. C’est le dieu des profondeurs de la terre, il ressemble étrangement à un diable (cornes et pattes de bouc). Les mineurs sont très superstitieux et lui font toutes sortes d’offrandes : alcool, cigarettes, feuilles de coca… Ce rituel précis a pour but d’attirer la prospérité et la sécurité aux travailleurs de la mine.

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Un peu plus loin, on rencontre un groupe de 3 mineurs. S’engage une intéressante discussion sur leurs conditions de vie. Autour de quelques bouchons d’alcool à 95° et de quelques feuilles de coca, on apprend qu’ici on travaille minimum 60h par semaine sans garantie de salaire. Chaque jour, c’est un peu la loterie, c’est le poids et la qualité du minerai extrait qui fait leur paye… Autant dire que nous, pauvres petits français aux 35h dans un bureau climatisé, avec parachutes du chômage et de la sécu, on prend une sacrée claque ! On les quitte lorsqu’ils commencent à préparer des bâtons de dynamite.

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On resort exténués après 3 heures sous terre, une seule question dans la tête : l’être humain n’aurait il pas pu trouver plus simple matériau pour battre sa monnaie ?!

Le soir, on se remet de nos émotions dans un petit bar. Des amis de nos guides ont un petit groupe de musique locale : flûtes de pan et tambours. On parle de voyages avec Alex, un photographe russe qui parcours l’Amérique à moto depuis 3 ans. Ça me donne des idées…

Édit d’Emilie : pas question !!!

7 réflexions sur “Dans l’enfer des mines de Potosi

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