Huaraz et la Cordillera Blanca

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Après Cusco et la Vallée Sacrée, nous décidons de monter un peu plus au nord. Nous nous rendons à Huaraz, camp de base pour explorer la Cordillera Blanca. Cette chaîne de montagne est la deuxième plus haute du monde après l’Himalaya et compte plus de 50 pics dépassant 5700m, 18 à plus de 6000m et le Huascarán, sommet le plus haut du Pérou qui culmine à 6768m. Pour la petite histoire, c’est l’une des montagnes de cette cordillère, le Artesonraju, qui aurait inspiré le célèbre logo de Paramount…

Motivés, nous réservons le fameux trek de Santa Cruz qui doit s’étaler sur 3 jours. Manque de bol (ou signe du destin) le responsable de l’agence nous prévient la veille à 20h que la rando est annulée car il n’y a pas assez de monde… Nous nous rabattons sur des sorties à la journée.

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Le lendemain, c’est parti pour la Laguna 69. Avant d’être déposés au pied du sentier, nous passons par une première grande lagune d’un bleu turquoise absolument magnifique.

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Le chemin démarre au pied du Huascarán et monte sans arrêt pendant 3 heures jusqu’à 4400m. On en bave et on se dit que finalement c’est peut-être une bonne chose que le trek de 3 jours ait été annulé…

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En arrivant à la lagune, nous sommes émerveillés par la beauté de l’eau d’un bleu fluorescent sous les rayons du soleil. Le contraste de l’eau, de la roche et du glacier plus haut est du plus bel effet.

 

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Le jour suivant, nous partons pour le glacier Pastoruri. La route est superbe, nous admirons la lagune aux 7 couleurs, des plantes centenaires ne fleurissant qu’une fois dans leur vie, des peintures rupestres et un panorama époustouflant sur les sommets enneigés.

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La marche de 2 heures jusqu’au glacier à 5200m est plus facile que la veille mais se fait à un rythme lent pour éviter l’essoufflement. On peut observer l’impact du changement climatique, le glacier a reculé de plusieurs centaines de mètres en une trentaine d’années laissant place à un paysage lunaire où quelques rares plantes commencent à se développer.

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Sur le glacier, nous découvrons quelques crevasses et grottes. Les strates de glace superposées nous font remonter dans le temps. Au détour d’un rocher nous admirons quelques empreintes du passé.

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Cuzco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu

Cuzco de nuit

Après Puno, nous voici à Cuzco qui est le point de départ d’un des temps forts de notre voyage, les ruines incas et le Machu Picchu.

Cuzco, capitale de l’empire inca
Cuzco est une très belle ville. Son centre, autour de la Plaza de Armas, a gardé une jolie architecture coloniale qui se mêle aux restes incas.
Aujourd’hui, elle est reconnue comme la capitale culturelle d’Amérique du Sud, du fait de son histoire exceptionnelle et de ses sites très bien entretenus.
A l’époque des incas, elle était considérée comme le nombril du monde.

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On trouve beaucoup de vestiges incas au cœur même de la ville. A l’époque de la colonisation, les Espagnols construisaient les églises sur les fondations des temples incas. Mais au fil des époques et des catastrophes naturelles, seuls les murs incas résistaient. Les Péruviens ont d’ailleurs l’habitude de dire qu’en-dessous, c’est le mur inca et au-dessus, c’est le mur inca-pable !

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Pour visiter les musées et les sites archéologiques de Cuzco et de la Vallée Sacrée, il faut acheter le boleto touristico valable 10 jours. Une fois notre sésame en poche, nous avons commencé par le site et le musée adjacent de Qorikancha qui se trouvent dans Cuzco. Les murs incas d’un des temples les plus riches de l’empire ont servi de socle à la construction d’une église, les ruines sont très bien conservées. On peut admirer l’architecture parfaite des murs, les pierres s’emboîtant comme un puzzle, entre lesquelles on ne peut pas glisser une feuille. A notre époque, avec toute notre technologie, nous ne savons pas reproduire cela !

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A Cuzco, nous nous baladons pas mal, nous déjeunons au Marché San Pedro, nous grimpons dans le quartier bohème de San Blas, le Montmartre de Cuzco, nous longeons la ruelle de la pierre aux douze facettes et nous goûtons aux spécialités locales : le cuy (cochon d’Inde).

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Les sites incas de la Vallée Sacrée
Entre Cuzco et le Machu Picchu, c’est la Vallée Sacrée des Incas (Valle Sagrado). Dans cette vallée, on trouve un nombre impressionnant de ruines incas. Les sites sont plus ou moins éloignés de Cuzco.

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Pour les sites les plus proches, nous décidons de les visiter par nous-mêmes, sans agence.

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Après avoir cherché très longuement notre bus (on a du demander à moins 6 personnes, et chacune nous disait quelque chose de différent !), nous nous faisons déposer à Tambomachay. Ce site est surnommé El Baño del Inca car il comprend un bain cérémoniel, une source et des fontaines.
A quelques centaines de mètres, se trouve le site de Pukapukara, une sorte de fort où s’arrêtaient les voyageurs.

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Un peu plus bas sur la route qui mène à Cuzco, nous trouvons un troisième site, celui de Q’enqo. Cet ancien temple cérémoniel est parcouru de tunnels et est sculpté de gravures.

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Enfin, le site de Sacsayhuaman est le dernier sur notre route, il jouxte la ville de Cuzco. Ce site est exceptionnel car il est gigantesque. On y trouve des remparts construits avec des pierres pouvant faire jusqu’à 9 mètres de haut (350 tonnes) parfaitement imbriquées les unes dans les autres. On se demande comment ils ont réussi ces prouesses. Sachant en plus que ces pierres venaient de la côte pacifique, à plusieurs centaines de kilomètres de là…

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Pour les sites plus éloignés, nous prenons une agence car c’est compliqué de trouver rapidement les transports adéquats d’un site à l’autre.

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Le premier jour, nous visitons le site de Pisac. La citadelle perchée en haut d’une montagne est entourée de cultures en terrasses. Le site est grand, on y trouve aussi des temples et un centre cérémoniel.

 

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Après Pisac, nous allons à Ollantaytambo, une forteresse inca. Le site est renommé car c’est l’un des rares endroits où les conquistadores perdirent une bataille.

 

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Le deuxième jour, nous partons à Moray, un impressionnant laboratoire agricole. Les incas ont construit des terrasses en respectant la forme des collines environnantes ce qui créa des cercles concentriques reproduisant les différents climats du pays. Je m’explique : en haut, le climat est froid, c’est la sierra (montagne), au milieu, c’est plus tempéré, c’est la pampa (plaine) et en bas, c’est chaud et humide, c’est la selva (jungle).

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Ce jour-là, nous allons également voir les Salinas (ou Salineras) de Maras. Il s’agit de puits salants datant de l’époque inca. Le paysage est extraordinaire, là au milieu des montagnes arides, on découvre des terrasses de sel par centaines !

La merveille du Machu Picchu
Si on veut aller au Machu Picchu sans prendre le train, il existe un itinéraire alternatif, plus long mais moins cher. De Cuzco, il faut prendre un bus jusqu’à Hidroeléctrica, soit 7 heures de route un peu chaotique sous la pluie et la neige pour nous.

 

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Ensuite, il faut marcher 2/3 heures à côté du chemin de fer jusqu’à Aguas Calientes (aussi appelée Machu Picchu Pueblo). De là, le périple n’est pas terminé ! Il reste à gravir les 1800 marches pour arriver au plus fameux site archéologique du monde. Et avec de la pluie, c’est plus drôle !

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Avant la montée des marches, on est frais…

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Arrivés en haut, on est lessivés !

Mais tous ces efforts ne sont pas vains, car une fois arrivés en haut, nous sommes émerveillés par la beauté du Machu Picchu. Et coup de bol, il s’arrête de pleuvoir.

Je vous laisse contempler cette splendeur ci-dessous !

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Le lac Titicaca, berceau des civilisations andines

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La Bolivie et le Pérou se partagent le plus haut lac du monde. A quelques heures de La Paz, Copacabana est notre première destination sur le lac Titicaca.

De cette ville, nous allons pouvoir visiter les environs et la fameuse Isla del Sol, berceau de la civilisation Inca. Nous allons tout d’abord grimper au sommet du Cerro Calvario, à proximité de Copacabana, par un chemin bien pentu qui donne tout son sens au nom de cette montagne… De là-haut, la vue est superbe, nous distinguons pratiquement tout le contour du lac. Nous assistons à d’étranges cérémonies où Boliviens et Péruviens font bénir de petits objets qui représentent ce qu’ils souhaitent obtenir pendant l’année. A mi-chemin entre rite païen et chrétien, la bénédiction n’épargne pas les voitures, toutes revêtues de leurs parures de fête.

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Le lendemain, souhaitant quitter un peu le tumulte de la ville, nous décidons de partir randonner dans les alentours. Les petits villages typiques sont magnifiques. Les coteaux et les eaux cristallines du lac contrastent d’une superbe manière.

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Le surlendemain, nous partons pour Isla del Sol. C’est ici que la civilisation Inca a vu le jour. Il est possible que Tiwanaku aussi mais des doutes subsistent. Après quelques heures de bateau, nous sommes posés au nord de l’île. Nous allons randonner pour voir différents sites archéologiques et des paysages idylliques.

 

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Ici, il n’y a ni route, ni voiture, les gens vivent en quasi autarcie, cultivant les vivres sur des terrasses comme leurs ancêtres.

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Nous passons la nuit au centre de l’île dans le petit village de Challa. Seuls au monde, nous profitons des dernières heures du jour sur une superbe plage de sable fin. J’en profite pour faire une petite brasse dans le lac à 10°C.

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Le lendemain, nous partons pour le sud le l’île ou d’autres vestiges nous attendent. Comme fréquemment ces jours-ci, des fanfares rythment le centre ville de Yumani. C’est la fête nationale, nous en profitons pour regarder quelques danses folkloriques.

De retour à Copacabana, nous partons pour le côté péruvien du lac. Le passage de la frontière se fait sans encombre mais le monde nous fait arriver tard à Puno. Cette ville est la 2ème destination touristique du Pérou après Cusco. D’ici, nous allons graviter sur le lac entre les Uros, Amantani et Taquile.

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Les Uros sont des îles flottantes faites de joncs. Cet habitat seculaire était utilisé par les locaux pour fuir les peuples belliqueux comme les incas. Ce mode de vie traditionnel est conservé aujourd’hui. C’est très beau et le mode de fabrication est très intéressant mais les méthodes « commerciales » sont assez sournoises. Note pour la suite du voyage : toujours demander le prix d’un service ou d’un cadeau qui paraît offert. Le prix est annoncé après coup et est non négociable…

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Après les Uros, nous partons à Amantani où règne une atmosphère moins mercantile. Nous sommes accueillis par une famille qui nous apprendra beaucoup sur l’île et le mode de vie des habitants. Nous visitons les ruines des temples de Pachamama (terre mère) et Pachatata (terre père), symboles de la dualité et de l’harmonie dans les cultures andines. Nous sommes émerveillés par le coucher de soleil et le ciel étoilé.

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Dernière île de notre tour, Taquile. L’île est belle mais nous retrouvons ce côté business qui nous a tant déplus sur les Uros.

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S’il ne faut choisir qu’un côté du lac Titicaca, on conseille de faire plutôt le côté bolivien, c’est moins touristique et plus sauvage.

Demain départ pour Cusco, le nombril du monde Inca !

Dans l’Amazonie bolivienne

Que serait notre voyage en Amérique du Sud sans une petite expédition en Amazonie ?

Traversée de cours d'eau dans la jungle

Vu notre itinéraire, nous avons deux options, l’Amazonie bolivienne ou péruvienne. Le choix est assez vite pris pour le côté bolivien. C’est parti pour Rurrenabaque, dit « Rourré » pour les intimes. En tant que grands et courageux aventuriers, nous nous sommes épargnés les 24h de bus sur la « Route de la Mort » au profit d’une quarantaine de minutes d’avion 19 places… En effet, pour rejoindre cette partie de l’Amazonie, il faut passer la barrière montagneuse bordant le haut plateau de La Paz et descendre jusqu’à la jungle, 4000 mètres plus bas. Par le hublot, les vues sont époustouflantes.

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Arrivés au microscopique aéroport de Rurrenabaque (une piste + une cabane), on sent instantanément la chaleur tropicale et l’oxygène abondant ! Un grand bonheur après nos dernières semaines passées dans les hauteurs. Ces dons de la nature ne vont pas sans leur contrepartie ailée : les moustiques. Eux ne nous avaient pas manqué !

Nous allons pouvoir découvrir ici deux écosystèmes particuliers : la selva et la pampa.
Le premier, c’est la jungle humide pure et dure du parc national Madidi, le second, une sorte de marécage/plaine inondée de las Pampas del Yacuma. Nous y passons 5 jours accompagnés d’un guide et de quelques autres touristes.

Nos cabanes dans la jungle bolivienne

La selva
A l’aube, nous partons en pirogue avec notre guide et un drôle de couple de chiliens que nous recroiserons par hasard à Copacabana. Sur le fleuve, nous pouvons apercevoir quelques villages de tribus autochtones, seules autorisées à vivre dans cette réserve naturelle et jouir de ses richesses. Au détour de méandres, nous apercevons quelques beaux spécimens de tortues et d’alligators, mieux vaut ne pas tomber à l’eau…

Des tortues dans la pampa bolivienne

Avant d’arriver au camp de jungle, il faut parcourir un morceau de forêt, traverser quelques cours d’eaux sur des troncs, c’est déjà l’aventure. Quand on arrive sur place, la clairière laisse apparaître quelques sommaires cabanes. Le séjour s’organise autour de marches dans l’impénétrable jungle à la recherche de faune et de flore intéressantes.

Des coatis dans la jungle bolivienne

Nous avons pu y voir des quoatis, une sorte de marthe, des singes, des porcs sauvages, des termites (au bon goût citron / menthe, au retour je pense breveter le Termojito 😉 ), la plus grande espèce de fourmis du monde (3/4 cm) dont la piqûre  vous envoie au lit pour 24h dans d’atroces souffrances et, bien évidemment, des moustiques par milliards !

Une Marthe dans la jungle bolivienne
Nous avons beaucoup appris sur la végétation et l’utilisation traditionnelle des plantes grâce à notre guide. Des arbres géants aux lianes à eau en passant par l’arbre-ail dont l’odeur rappelle la salade de carottes de Francis !

Empreinte de puma dans la jungle

Au rang des absents, les grands félins : jaguar et puma. Ce sont des animaux très timides et rares sont ceux qui ont la chance de les croiser. Nous avons néanmoins pu voir une fraîche empreinte de puma : la preuve en image !

La pampa bolivienne

La pampa
Arrivés sur le lieu de départ après 3h de 4×4, l’ambiance est totalement différente. Tout au long de l’année, le niveau du fleuve fluctue et inonde une plaine sauvage. Lors de notre visite, l’eau est relativement haute et nous naviguons entre les cimes des arbres.

Un alligator dans la pampa bolivienne

C’est ici le temple des oiseaux aquatiques, des piranhas, des anacondas et des dauphins roses d’Amazonie ! Lors de nos balades en pirogue, nous avons pu observer de nombreux animaux, toutes les stars locales se sont présentées sauf le serpent géant. Notre camp sur piloti nous protège du redoutable Pedro.

Un gros ragondin dans la pampa bolivienne

Le plus gros rongeur du monde était présent avec toute sa famille, de téméraires singes se sont invités sur notre embarcation.

Des singes dans la pampa bolivienne

Le piranha a fini dans notre assiette et le dauphin rose a bien montré ses nageoires mais vous n’en verrez pas de photo…

Pêche aux piranhas dans la pampa

Enfin c’est aussi l’occasion d’admirer de superbes couchers de soleil avant d’aller voir les yeux des gros reptiles brillants dans le noir…

Coucher de soleil dans la pampa

La Paz et Tiwanaku

Égalise San Francisco à La Paz

Pour rejoindre La Paz, en partant de Samaipata, il vaut mieux passer par Santa Cruz. Mais avec les éboulements dus à la pluie, il nous a fallu plus de 24 heures pour faire le trajet !

Nous voici donc à la Paz, la capitale la plus haute du monde, culminant à 3600m (de la gnognote après Potosi et ses 4100m !).
Quand on arrive en bus, on surplombe la vallée où est niché le centre et on découvre le gigantisme de la ville qui s’étend sur le flanc des montagnes à perte de vue. Au loin, on aperçoit les sommets enneigés des Andes.

Nous ne sommes pas restés très longtemps à La Paz mais nous avons pu faire un bon tour de la ville.
Nous avons visité le marché artisanal qui s’étend sur plusieurs rues et où l’on retrouve tous les superbes tissus, pulls, sacs, etc. Et là, on a craqué et on a acheté 2 tissus traditionnels boliviens.

Marché de La Paz

Après nous sommes allés flâner du côté du marché aux sorcières. C’est ici qu’on peut venir acheter tout le nécessaire pour faire des offrandes à Pachamama. Par exemple, dans la catégorie crade, il faut enterrer un fœtus de lama sous la première pierre d’une maison qu’on construit, ça porte chance. Voilà, maintenant vous savez où trouver un fœtus de lama, pas de panique, ils ont toutes les tailles.

Nous nous sommes promenés dans le parc urbain central où nous avons trouvé un bon point de vue sur la ville. Mais ça, c’était avant de prendre le téléphérique, duquel on peut vraiment observer toute la ville.

Téléphérique de La Paz

Nous sommes également allés dans le quartier de Sopocachi, censé être à la mode, mais nous n’avons pas trouvé ça fou-fou.

Nous avons visité l’église San Francisco et la Plaza Murillo, bien que celle-ci soit restée barricadée plusieurs jours par l’armée à cause des manifestations de mineurs.

Le dernier jour, nous sommes partis visiter le principal site archéologique de la civilisation de Tiwanaku (dans la ville du même nom). Il s’agit de la Cité du Soleil, dédiée au dieu Soleil, qui comporte de nombreux temples à vocation cérémonielle.

Tiwanaku
L’histoire des Tiwanaku est divisée en 4 époques du Xe siècle avant JC jusqu’au XIIe. Sur le site et dans les 2 musées adjacents, on peut voir les différentes évolutions entre chaque époque.

Tiwanaku

Tiwanaku

Les prouesses architecturales de ce peuple sont fascinantes et pleines de mystère. Comment tailler une pierre avec tant de précision ? Comment transporter ces blocs de 20 à 130 tonnes sur 40 kilomètres ? La réponse des peuples aux Espagnols qui se posaient la question : grâce au dieu blanc et barbu Viracocha…

Samaipata, entre archéologie et botanique

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Après un éprouvant voyage depuis Sucre, nous sommes arrivés dans la petite bourgade de Samaipata. Cette localité est le point de départ pour visiter le site pré-inca de El Fuerte ainsi que le parc national Amboro.

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Déposés à 4h30 du matin aux abords de la ville, nous ne tardons pas à faire connaissance avec 3 autres galériens : Virginie, Anaïs et Arnaud. Après avoir longuement patienté et trouvé un logement, nous rencontrons Charlène et Axel au marché. Ce seront nos acolytes pour la suite du périple. Une fois repus, nous partons en quête de l’agence qui nous guidera dans le parc national. Malheureusement, les pluies torrentielles changeront maintes fois notre programme, les glissements de terrains suivants limiteront les déplacements pendant une semaine…

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Pas dégonflés pour un sou, nous partons le surlendemain pour El Fuerte. Situé au sommet d’une montagne à quelques kilomètres de la ville, ce vestige pré-inca (à partir de 300 après JC) est le plus grand monolithe taillé au monde. L’immense roc de grès rouge est gravé, taillé et extrudé sur plus de 200 m de long et 60 m de large. De multiples formes géométriques, escaliers, niches, rainures, et représentations de félins ornent l’ensemble. L’usage initial du lieu reste un mystère. Chacun y va de sa théorie. Une station de lavage de l’or, un centre astronomique ou cérémoniel, une piste de décollage de soucoupes volantes…

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Nous vous laissons faire votre choix. Nous avons plus de certitudes quant à son utilisation plus tardive. Les incas en prirent possession et agrandirent le lieu pour en faire une capitale locale. On y trouvait un centre cérémoniel, administratif, marchand et militaire. En effet, le l’endroit constituait un lieu stratégique aux frontières de l’empire. Plus tard encore, El Fuerte fut pris par les Espagnols qui en firent un poste militaire dont il garde aujourd’hui’hui le nom.

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En repartant vers Samaipata, nous pouvons contempler le visage de l’inca gardant l’entrée. Forme anthropomorphique naturelle ou faite par la main de l’homme : un mystère de plus !

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Le jour suivant, nous partons dans la forêt primaire à une heure de piste de la ville. Le chauffeur n’avait pas prévu le coup mais ce fut une vraie galère pour monter la voiture dans la forêt des nuages… Il nous a fallu plus d’une heure pour la sortir d’un bourbier, et finalement parcourir les derniers kilomètres à pied : l’aventure !

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Une fois arrivés dans cette forêt plus que millénaire, nous sommes surpris par l’absence de bruit et d’animaux. En effet, les plantes préhistoriques ont un mode de vie totalement différent des plantes actuelles. Elles ne produisent pas de fleurs ni de fruits (donc pas d’animaux…), ont une croissance très lente mais une longévité à toute épreuve. A titre d’exemple, les fougères géantes que vous pouvez voir ici sont millénaires. La révolution française se situe à peu près à 2 m de la cime… Cette visite dans le temps guidée par une biologiste fut très riche d’apprentissage.

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Le lendemain, nous partons sur le plus beau site au monde d’observation des condors. Après deux longues heures de piste, nous arrivons enfin au pied de leur temple. Nous ne voyons pas grand chose car la brume tarde à se lever. Cela nous permettra de faire les 2 heures d’ascension à un rythme détendu. Arrivés au sommet des crêtes, la vue est époustouflante mais il n’y a aucun condor à l’horizon. Nous cherchons tant bien que mal la trace d’une plume, mais n’apercevons que des traces de guano. C’est la première fois en 8 ans que notre guide ne voit pas l’oiseau emblème. Pas de bol, ça tombe sur nous…

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En redescendant dans la vallée, nous sommes accueillis par une famille vivant en totale autarcie. Nous dégustons un poulet du cru qui n’a rien à voir avec le poulet que nous connaissons. Énorme, ferme et avec du goût, c’était peut-être lui notre condor 😉

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Sucre, le petit Paris bolivien

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Après Potosi, nous nous arrêtons à Sucre, un peu plus au nord (pour les non-hispanophones, ça se prononce « soucré »). Sucre est souvent décrite comme la plus belle ville de Bolivie. Nous sommes complètement d’accord avec ça ! Avec ses beaux bâtiments blancs à l’architecture coloniale, ses dizaines d’églises, Sucre est splendide et très agréable. Le Lonely Planet dit que les voyageurs s’y arrêtent souvent plus longtemps que prévu, et bien ce fut notre cas et on comprend maintenant pourquoi.

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Le lendemain de notre arrivée, nous sommes allés au marché de Tarabuco, à une heure de bus de Sucre. Ce marché, qui n’a lieu que le dimanche, regorge de vendeurs d’artisanat local. Il y a des tas de tissus boliviens, ponchos, pulls en alpaga, etc. Tout est magnifique ! Mais nos sacs à dos ne nous permettent pas de trimballer de surplus alors on ne fait que regarder… 😢

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Durant l’après-midi, nous allons nous promener au parc Bolivar où nous découvrons une mini Tour Eiffel, réalisée par Eiffel lui-même. Tout autour, il y a des attractions pour les enfants.

Tour Eiffel à Sucre

Le jour suivant, nous visitons le Musef (musée d’art folklorique) et le musée du textile. Le premier est vraiment minuscule et pas très attrayant, nous sommes un peu déçus mais, heureusement, le deuxième est très intéressant. On peut y observer des dizaines de tissages magnifiques et même, une femme réalisant une œuvre en direct.

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Nous bookons un trek de 3 jours avec Condor Trekkers qui est une agence à but non lucratif aidant les Jalq’a, la population locale. Cette communauté vit traditionnellement de l’agriculture et du tissage dans les environs de Sucre.
Notre groupe compte 13 personnes. Nous faisons la connaissance de nos acolytes : Antony et Audrey, Léo et Marjolaine, Sabine et Angelica et 2 paraguayens dont j’ai oublié le nom sans regret vu leur attitude très perso. Sans oublier nos 3 super guides, Luce, Cris et Walter.

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Le premier jour, nous partons très tôt pour descendre le chemin inca. Cette voie a été utilisée pendant des siècles par les populations andines afin d’acheminer le sel et les vivres à dos de lamas. On admire l’ampleur de l’ouvrage. Paver un chemin à flanc de montagne sur plusieurs centaines de kilomètres a du être titanesque !

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Après un pique-nique au milieu de la nature, nous remontons pour atteindre Maragua, un village de 300 âmes niché au cœur d’un cratère. Personne ne sait dire s’il s’agit d’un cratère de volcan ou de météorite ! Nous passons la nuit dans de petites maisons rudimentaires. A plus de 3000m d’altitude et loin de toute pollution lumineuse, la voute céleste nous émerveille !

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Le deuxième jour, après avoir été voir une tisseuse du village, nous marchons vers Ninu Mayu où se trouvent des traces de dinosaures fossilisées. Ces empreintes ont été figées il y a plusieurs millions d’années dans un lac boueux. Nous admirons la force tectonique sur ce plan incliné à 45°. Plus près de Sucre, d’autres traces sont visibles sur une gigantesque paroi verticale.

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Le midi, nous déjeunons chez une famille perdue au milieu de nulle part. Il y a des chèvres et des moutons partout. L’après-midi, nous nous dirigeons vers le village de Potolo où nous restons pour la nuit.

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Le troisième jour, retour à Sucre après 3 heures de minibus, dans la poussière, serrés comme des sardines.
En tout, sur les 2 jours réels de trek, nous avons parcouru 35 km entre 2500 et 3500m d’altitude. On les sent bien dans les jambes en rentrant !

Après ces efforts physiques intenses (pensez aux grands sportifs que nous sommes !), nous nous reposons 2 jours à Sucre où nous profitons du soleil avec nos potes de rando.

Dans l’enfer des mines de Potosi

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Nous partons de Tupiza pour rejoindre Potosi. C’est la ville qui se veut être la plus haute du monde (4100m). Elle a connu une croissance florissante depuis le XVIe siècle et a fait la richesse de l’empire espagnol grâce à ses mines d’argent. La légende raconte que des filons de plus de 2 mètres d’épaisseur d’argent pur y aurait été trouvés.
Aujourd’hui, abandonnées des multinationales et de l’état, quelques coopératives de mineurs continuent de chercher les précieux minerais (argent, zinc, étain…).

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En arrivant en ville, on remarque instantanément deux mondes qui se touchent. La banlieue qui ressemble à une énorme favéla et le cœur historique qui a su conserver son charme colonial. On ressent l’altitude pour de bon, quelques pas suffisent à nous essouffler. La poussière ambiante de la mine toute proche n’arrange pas les choses. On cherche désespérément une chambre chauffée à un budget raisonnable mais il semble que ce ne soit pas monnaie courante ici… On finit par prendre une petite chambre donnant sur un patio coupé de l’extérieur. Il s’avéra que ce fut un bon choix !

Le lendemain, nous décidons de visiter un peu mieux la ville. Direction le marché central où nous découvrons des étals surprenants. Toutes sortes d’aliments inconnus côtoient les énormes sacs de feuilles de coca à l’odeur si particulière. Moyennant une modique somme, nous repartons avec un sac plastique plein à craquer. À toutes fins utiles, (parents, amis, collègues…) la possession et la consommation de coca est légale en Bolivie 😉 Elle est même encouragée à cette altitude. Ça a l’air de faire partir ce mal de crâne lancinant que nous traînons depuis la veille.

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Après cette expérimentation, nous nous dirigeons vers le musée de la monnaie installé dans les anciennes fabriques de pièces espagnoles puis boliviennes. La visite est très intéressantes et nous apprenons beaucoup sur l’histoire de la ville.

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Le soir, premières emplettes en Alpaga. Emilie se voit revêtue d’un superbe pull et de guêtres. Ça tient très chaud, par contre niveau look… C’est une mode qui n’existe pas encore !

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Le jour suivant, nous partons à la visite des mines avec Julio et Cristian, deux anciens mineurs et membres actifs d’une coopérative. Première étape, visite et achat de cadeaux au marché de la mine. Il est d’usage d’offrir aux mineurs quelques bouteilles de jus ou d’alcool, de la coca et des bâtons de dynamite…

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Après cela, c’est l’heure de s’équiper. Je vous laisse le soin de contempler la tenue. A ce moment là, on fait encore les malins…

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Mais arrivés devant l’entrée, on comprend que ça ne sera pas de tout repos. Marcher courbés à toute vitesse pour éviter les mineurs avec leurs chariots et haleter dans l’atmosphère suffocante et poussiéreuse est vraiment difficile. Au bout de 200 mètres à peine, on comprend le courage des mineurs. Eux le font par choix, certains par nécessité, ce n’est malheureusement pas le cas des millions d’esclaves qui y ont laissé leur peau ces derniers siècles…

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On arrive à un petit autel, l’antre du Tio. C’est le dieu des profondeurs de la terre, il ressemble étrangement à un diable (cornes et pattes de bouc). Les mineurs sont très superstitieux et lui font toutes sortes d’offrandes : alcool, cigarettes, feuilles de coca… Ce rituel précis a pour but d’attirer la prospérité et la sécurité aux travailleurs de la mine.

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Un peu plus loin, on rencontre un groupe de 3 mineurs. S’engage une intéressante discussion sur leurs conditions de vie. Autour de quelques bouchons d’alcool à 95° et de quelques feuilles de coca, on apprend qu’ici on travaille minimum 60h par semaine sans garantie de salaire. Chaque jour, c’est un peu la loterie, c’est le poids et la qualité du minerai extrait qui fait leur paye… Autant dire que nous, pauvres petits français aux 35h dans un bureau climatisé, avec parachutes du chômage et de la sécu, on prend une sacrée claque ! On les quitte lorsqu’ils commencent à préparer des bâtons de dynamite.

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On resort exténués après 3 heures sous terre, une seule question dans la tête : l’être humain n’aurait il pas pu trouver plus simple matériau pour battre sa monnaie ?!

Le soir, on se remet de nos émotions dans un petit bar. Des amis de nos guides ont un petit groupe de musique locale : flûtes de pan et tambours. On parle de voyages avec Alex, un photographe russe qui parcours l’Amérique à moto depuis 3 ans. Ça me donne des idées…

Édit d’Emilie : pas question !!!

Tupiza : sur les traces de Butch Cassidy et le Kid dans le farwest bolivien

Tupiza

Après avoir failli mourir de froid à la frontière, nous réussissons à prendre le dernier bus pour Tupiza à Villazon avant le début de la grève.

En arrivant à Tupiza, on file direct au marché pour prendre un bon petit-déjeuner bien mérité. On va ensuite booker un hôtel et prendre une douche chaude (alleluia !). On passe le reste de la journée à visiter la ville.
La légende raconte que c’est dans les environs de Tupiza que Butch Cassidy et le Kid ont trouvé la mort après avoir perpétré leurs dernier braquage.

Tupiza
Le lendemain, on décide de partir sur leurs traces à travers une randonnée de 8km dans les canyons environnants. Mais peu de temps après avoir commencé, on aperçoit une meute de chiens errants a quelques dizaines de mètres. On flippe un peu mais on a vraiment envie d’aller plus loin alors on prend un autre chemin espérant les semer. Malheureusement, on les recroise un peu plus loin, et là, on se dit qu’on ne fait pas le poids à 2 contre 30… Après quelques minutes à tergiverser, on décide de faire demi-tour. En rebroussant chemin, on tombe sur Elise, une française toute seule et en panique à cause des chiens.

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On repart tous les 3 quand on croise 3 cavaliers dont un local qui nous dit qu’il ne faut pas avoir peur des chiens et qu’en leur lançant des cailloux ils partiront. On prend notre courage à 2 mains et on y retourne !
On a vraiment bien fait car les paysages que nous voyons par la suite sont vraiment splendides. Nous passons devant plusieurs formations impressionnantes : La Puerta del Diablo, Los Machos et El Canyon Inca.

Tupiza Los Machos
Après un petit pique-nique au milieu des rochers, nous repartons vers la ville. On se paume un peu en cours de route et on finit par tomber dans une caserne militaire. On essaye de ne pas se faire gauler pour en sortir !

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Le soir, on se remet de nos émotions avec des pizzas et un petit vin local (deux pizzas à Tupiza !! Ok je sors !).

Galère à la frontière (Argentine-Bolivie)

Pour une fois, on va écrire un article pour que vous puissiez ricaner un peu !

La Quiaca

On décide de partir en bus de nuit pour aller à La Quiaca, la frontière argentino-bolivienne. Les bus de nuit, normalement, ça a deux avantages, se déplacer en économisant une chambre d’hôtel. Ça c’est la théorie. Mais passer 8 heures sans dormir à côté d’un gamin qui fait crisser un ballon de baudruche et d’un vieux qui écoute de la musique locale sans écouteurs, est plus proche de la réalité. Si tu ajoutes à cela la clim à fond alors que tu demandes au chauffeur de mettre du chauffage, la buée sur les vitres qui se transforme en glace quand tu approches des 3000m, le bus n’a plus que l’avantage de te déplacer…
On arrive tant bien que mal à destination, il est 5h du matin, il fait nuit noire et un froid glacial. On se dirige à pied vers le poste frontière. C’est un peu glauque comme toutes les villes frontalières vivant principalement de larcins et de trafics.
Heureux d’êtres arrivés au pont, on avance vers la douane argentine, et là, stupeur, c’est fermé ! Je crois que nous avons passé les deux plus longues heures de notre existence, par -10°C, à sautiller sur place pour ne pas perdre nos doigts de pieds, et à repousser les chiens errants un peu trop agressifs…
Nous trouvons néanmoins un peu de réconfort auprès d’un groupe d’uruguayens qui nous offre un café et une grapa miel ! Ils avaient prévu le coup, eux !
Les douaniers arrivent enfin et commencent à tamponner les sorties et les entrées. C’est à ce moment qu’on apprend qu’une grève des transports à durée indéterminée commence dans moins de 30 minutes en Bolivie…
On se magne à fond, gelés et essoufflés, mais nous devons d’abord trouver une banque pour retirer quelques Bolivianos. On y arrive tant bien que mal et on chope le dernier minibus avant le blocus ! Coup de bol !!

Morales de l’histoire :
TOUJOURS vérifier les horaires d’ouverture d’une frontière avant de se pointer.
On se les caille pendant que vous avez 35°.
Ça fait du bien de se plaindre 😉
Tout est bien qui finit bien !