Nous quittons Kampot pour rejoindre Sen Monorom. La capitale de la région du Mondolkiri se mérite. C’est au terme d’une journée complète de bus avec changement à Phnom Penh que nous atteignons les collines sauvages de l’est cambodgien. La nuit est déjà bien tombée quand nous arrivons, nous bookons le premier hôtel venu, allons dîner puis nous coucher.

Le lendemain, nous faisons le tour de la ville pour trouver une agence qui nous fera découvrir la région et ses habitants, les Bunongs (prononcez Pnong). Nous choisissons une agence implantée de longue date, travaillant équitablement avec les communautés locales et employant leurs guides.
Le matin de la première journée est consacrée à la découverte d’un village et du mode de vie de cette ethnie des montagnes.
Les gens ici sont animistes, pratiquent la polyculture sur brûlis et sont des experts dans la capture et le dressage des éléphants.
Les anciens se coupaient les dents supérieures par esthétisme et certains vivent encore dans des cases traditionnelles.
Après cet aperçu de leur culture, nous partons à la rencontre des éléphants du village. Ceux-ci sont à la retraite (la doyenne a 92 ans) et notre interaction ne consiste pas à les monter. Nous les observons évoluer dans leur milieu naturel puis les suivons dans leur bain quotidien.
Ces chanceux vivent en liberté. Ils sont surveillés par 3 mahouts (gardiens d’éléphants) qui les suivent au cours de leurs déplacements. Cette politique a été adoptée récemment à la demande de l’agence et acceptée par la communauté. Ce n’est pas le sort de la majorité des éléphants de la région qui sont généralement utilisés comme bêtes de somme et/ou pour transporter des touristes.
Le soir, nous dînons et dormons dans un village Bunong. A notre arrivée, nous sommes accueillis par le père de famille. Notre guide/traducteur ayant une bonne heure de retard, nous devons improviser en langue des signes ce qui n’est pas des plus aisés ! Le repas et la suite de la soirée se déroule dans la case « cuisine » au coin du feu.
Nous sommes accompagnés par les parents de la famille, une partie de leurs 10 enfants et 40 petits-enfants, les chats, les chiens, les cochons et notre guide. Nous dormons dans une grande case traditionnelle sur des hamacs où il fait très froid à cause du vent, malgré les couvertures.
Le lendemain après le petit déjeuner, nous partons randonner à travers les fermes et les collines environnantes. Nous voyons deux belles cascades.
Notre guide nous parle de sa culture, des traditions, nous avons même le droit à une soupe cuite dans un bambou pour déjeuner et une dégustation de vin de riz chez des amis !
De retour à la civilisation, nous apprécions grandement le confort et l’isolation de notre chambre. Nous avons admiré que l’homme puisse vivre avec si peu et dans de telles conditions, le sourire accroché aux lèvres et ne souhaitant pour rien au monde changer son mode de vie.

















































